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| photo : lastfm.fr |
A tel point que, figurez-vous, le groupe The Kills, je connaissais pas.
Alors quand ma copine Parissa, la plus gracieuse das danseuses africaines du monde, m'a proposé d'aller avec elle à leur concert à l'Olympia, j'ai dit oui tout de suite. (et oui, j'ai d'autres copines que celles de la danse, oui) (arrêtez de m'embêter).
Et j'ai aussi décidé d'adopter une technique qui m'avait bien réussi pour le concert des "King of Convenience" : la surprise totale. C'est-à-dire que je ne me suis pas renseigné du tout, j'ai rien écouté, et j'ai débarqué comme une fleur à l'Olympia en n'ayant pas la moindre foutue idée de ce que j'allais voir et entendre.
Parissa et moi, un peu à la bourre, avons filé au vestiaire vite fait, juste le temps de me faire vanner sur le fait que j'ai pris un sac à main, au lieu d'une mini pochette en bandoulière comme tout le monde, et parce que j'ai bêtement suggéré à la dame que comme on mettait 2 manteaux sur un seul cintre on pouvait peut-être payer un ticket et pas deux (je suis neu-neu, je vous ais dit) et nous voilà glissant comme des sirènes agiles jusqu'aux premiers rangs.
Les lumières s'éteignent, première partie. On n'a jamais réussi à savoir le nom de ce groupe un peu étrange, qui a joué sa première chanson entièrement dans le noir, et dont les membres passent bien trop de temps à genoux par terre pour faire je ne sais quoi. Mais ils ont un guitariste drôlement sexy, du moins quand il ne rentre pas son tee shirt dans son jean à la fin du set. C'est à peu près tout ce que j'ai retenu.
Parissa et moi on s'est re-glissé à l'extérieur pour aller chercher à boire, et on réalisé seulement à ce moment-là à quel point la salle était archi-blindée. Hallucinant. On s'est calé comme on a pu en revenant, un peu derrière.
Extinction des lumières, une toile de fond est hissée, imprimée peau de jaguar, et la chanteuse entre sur scène sous les hurlements du public. Double réaction :
- Moi, dans ma tête : Oh bien tient il y a une fille dans le groupe ! (oh, ça va, hein.)
- Parissa, en criant : Ho, regarde, elle s'est teint les cheveux en rouge !
La musique retentit et Alison Mosshart, j'ai appris que c'est son nom, chemise léopard assorti à son fond de scène, marche de long en large, tourne comme un lion en cage, fauve, rockeuse.
Le guitariste entre sur scène à son tour, les cris du pubic retentissent de plus belle. Le ton du concert est donné tout de suite.
La musique déchire les enceintes et Alisson Mosshart fait très vite honneur à ses origines punk. Son corps secoués se tord dans tous les sens, sa tête disparaît derrière sa tignasse rouge qui lui vole au visage, elle accompagne des mains tendues les sons féroces de sa voix puissante.
La musique me plaît, beaucoup. Je n'ai jamais écouté, mais j'ai l'impression de tout connaître, tant les mélodies, les rythmes, sont efficaces et bons. Ça me parle.
A côté de la chanteuse-lionne, Jamie Hince, le guitariste, paraît plus sobre, même lorsqu'il balance brusquement son buste d'avant en arrière en tapant sur sa guitare. Mais sa présence est magnétique, et quand il s'approche du bord de la scène, je n'arrive plus à détacher mes yeux de lui.
- Hé tu sais quoi ? Me hurle Parissa. Lui, c'est le mec de Kate Moss !
Noo waaaay que je me dis. et pourtant si. Si hype, le truc.
La première partie du concert met le feu à la salle. Certes, la scénographie est parfois un peu kitsch, avec ces 4 batteurs, perf en cuir noir et bandana rouge relevé sur le nez, qui brandissent leurs baguettes en croix quand ils ne frappent pas sur leurs énormes tambours.
Et Alison Mosshart et Jamie Hince ne sont pas trop du genre à prendre le temps de blaguer avec le public entre les chansons.
Mais l'alchimie fonctionne bien, à la fois entre les deux musiciens parfaitement en osmose et entre eux et la salle. Les gens sont déchaînés, et nous aussi. Le sol de l'Olympia tremble de toutes parts.Les gens du balcons sautent dans tous les sens. J'adore.
Pause de dix minutes dans le concert.
Parissa prend les choses en main. Enfin, en l'occurence, c'est moi qu'elle prend par la main, fermement.
- Y'a pas moyen, me dit-elle, pour le fin du concert, on va devant. Amnène-toi.
ET messieurs-dames sachez-le, quand Parissa a décidé un truc, c'est pas facile de l'empêcher de faire ce qu'elle veut. Même la foule de l'Olympia n'a pas réussi, d'ailleurs. Me voilà donc résoluement tirée à travers la masse compacte des gens, jetant de temps à autre des petits "pardon", "ho pardon", "pardon je m'excuse" un poil inutiles. Jusqu'au devant la scène, où ma copine nous trouve un petit trou où se glisser pour écouter les dernières chansons.
_ Haaaaaaaaan maais héééééééé mais cassez-vous ! nous lance alors une grande énervée à l'air un peu bête.
_ Quoi ?! la défie Parissa
_ Mais-heu, mais y'a mes copine-neu, je veux pas être avec vous, je veux mes copines, je veux pas être séparée de mes copines.
"Meuf. On est dans un concert de rock, dans une petite salle. Tes copine sont à 3 centimètres de toi, même si on est là. T'es bête ou quoi ?"
Moi je me dis ça dans ma tête. Mais Parissa, elle, elle est pas trop-trop du genre à dire les choses dans sa tête.
- Ecoute-moi bien, toi, qu'elle lui répond. Depuis le début du concert on est tout derrière, ok ? Et là j'ai envie d'être un peu devant. Donc on va rester là et c'est c'est tout.
La grande perche se tait. Vexée, elle tentera bien quelques actions de rebélion, mais pas grand chose. Largement pas assez, en tous cas, pour nous gâcher la belle fin du concert.
Alison et Jamie reviennent sur scène. Elle a mis une veste à paillettes, il porte une casquette de marin.
Kate Moss, si tu m'entend, je te jalouse de toutes mes forces.
La fin du concert est un poil plus calme. Désormais plus proche de la scène, et alors qua la grande perche tente de ma destabiliser en me donnant des coups de sac, je me rends enfin compte de à quel point la chanteuse est sensuelle, sexy, quasi sexuelle par moments. Et pourtant, sur des chansons plus lentes, quand elle se recentre sur elle-même, baisse la tête, tend les bras, elle paraît quasi christique. Merveilleuse. J'en oublie complètement le guitariste, j'adore les chansons, j'adore tout.
Fin du concert. Lumières rallumées immédiatement, il n'y aura pas de rappel. Mais je reste tellement sur une belle impression que je m'en fous.
Parissa et moi regagnons la sortie, ravies et encore toutes illuminées, pendant que la grande perche hystérique s'est jetée sur le sol pour récupérer je ne sais quoi qu'elle vient de perdre. Probablement tombé de son sac quand elle essayait de me donner des coups avec.
Mais bref, les Kills à l'Olympia, j'ai adoré.
Et je vous laisse, j'ai un ou deux CD a aller acheter, moi...
PS : vous pouvez aller sur le site de arte pour voir un concert en vidéo.


coucou, je sais, je sais ca faisait longtemps, beaucoup a lire du coup, mais cette petite virée, style Kaïra de banlieue a la ville est excellente et donne envie de plonger dans les archives
RépondreSupprimerwilliam
Heu, Kaïra de banlieue ? Ha ouais ? hahaha, vous changeriez vite d'avis en me voyant !
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